La maison de Rembrandt à Amsterdam

Tour virtuel : Rembrandthuis

Rembrandt (1606-1669) a vécu dans cette maison de 1639 à 1658 avec sa femme Saskia et son fils Titus. C’est également à cet emplacement que se trouvait son atelier. Le musée de la maison de Rembrandt présente actuellement plusieurs œuvres du peintre ainsi que nombreuses de ses gravures.

Le peintre possédait également un cabinet de curiosités. Il collectionnait des objets exotiques tels que des carapaces de tortue, des crocodiles empaillés… Mais on y trouvait aussi de nombreux moulages de statues antiques. Rembrandt les utilisait comme modèles pour son propre travail mais aussi, certainement, lors des enseignements qu’il dispensait à ses élèves. Certains d’entre eux sont devenus des artistes accomplis comme Carel Fabritius (élève entre 1640 et 1644).

Rembrandt a acheté cette maison à crédit. Ne pouvant pas rembourser ses dettes, il fut saisi en 1656 et contraint de déménager. C’est à cette occasion qu’un inventaire des objets et meubles présents dans l’édifice a été établi. Ainsi, même si la plupart des meubles présents aujourd’hui dans le musée n’appartiennent pas au peintre, la demeure a pu être remeublée peu ou prou comme à l’origine.

Adresse : Jodenbreestraat, 4, Amsterdam.

C.P

Le musée de l’Acropole à Athènes: Μουσείο Ακρόπολης

Ce musée « est un symbole de la Grèce moderne qui rend hommage à ses ancêtres, c’est le devoir accompli d’une nation vis- à-vis de son patrimoine culturel ».

Antonis Samaras, Ministre grec de la culture.

Vue du musée depuis la terrasse de l'hôtel Herodion, à Athènes

Vue du musée depuis la terrasse de l’hôtel Herodion, à Athènes

Le nouveau musée de l’Acropole est aujourd’hui un lieu emblématique de la ville d’Athènes. Il est situé à trois-cents mètres du Parthénon, dans le quartier de Makriyanni. On envisage sa construction dès 1976 afin d’y exposer et de protéger les œuvres retrouvées dans les fouilles de l’Acropole. Un concours a été lancé et c’est l’architecte franco-suisse Bernard Tschumi qui a remporté l’appel d’offre. Il a également réalisé, entre autres, le MuséoParc d’Alésia, le siège international de manufacture horlogère à Genève et le Zénith de Rouen. Le musée de l’Acropole devait être inauguré à l’occasion des jeux Olympiques de 2004, mais la découverte de vestiges antiques a fait stopper le chantier et nécessité des fouilles préventives. Il le sera finalement le 20 juin 2009. Ce projet a été financé par l’État grec et le Fond européen de développement régional ; il a coûté 130 millions d’euros. Le musée, qui accueille plus d’un million de visiteurs par an, s’étale sur trois étages et présente un espace d’exposition de 25 000 mètres carrés. Etant un musée archéologique, il est soumis à des contraintes spécifiques.

Un écrin pour les oeuvres

Le nouveau musée de l’Acropole est conçu comme un véritable écrin pour accueillir les œuvres retrouvées sur ce site. Bien que déjà exposées, le musée qui les accueillait jusqu’ici était trop exigu et ne leur assurait pas de bonnes conditions de conservation. L’architecture a donc été pensée pour mettre au mieux en valeur ces œuvres et leur assurer une protection optimale:

« Le musée n’émerge pas seulement d’une collection spécifique, mais doit aussi être de façon prédominante un musée de la lumière naturelle, soucieux de la présentation des sculptures qu’il contient».

Bernard Tschumi, The new Acropolis museum, 2009 (site internet de l’architecte)

 Le problème des fouilles

Les travaux entrepris pour bâtir les fondations du musée ont très vite révélé la présence de vestiges antiques. Il a donc fallu suspendre le chantier pendant plusieurs années afin que des fouilles préventives soient menées. C’est alors que l’idée d’inclure ces ruines au musée, et de les rendre visibles aux visiteurs, est apparue comme une évidence. Pour ce faire, on a fait reposer le musée sur une quarantaine de pilotis. Leur emplacement a été déterminé conjointement par l’architecte et les archéologues afin qu’ils n’endommagent pas les vestiges. Le musée semble ainsi flotter au-dessus de la ville antique. Elle est omniprésente dans le bâtiment et peut être observée par le visiteur depuis divers emplacements ; en cela on peut dire qu’elle fait partie intégrante des collections. Par exemple, sur l’esplanade, une excavation a été faite devant l’entrée permettant une vue plongeante en contrebas. Des vitres insérées dans le sol, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, permettent aux visiteurs qui marchent dessus de contempler ces vestiges qui restent encore visibles depuis le premier étage.

Le choix d’une scénographie minimaliste

La modernité des lignes architecturales du bâtiment ne se dément pas dans le choix des matériaux employés : le béton, l’acier et le verre. Mais ils participent à part entière de ce souci de mettre les œuvres exposées en valeur. Les cimaises sont des plaques rectangulaires en béton sombre qui absorbent la lumière. Les œuvres placées devant s’en détachent d’autant mieux que la lumière joue sur leur marbre et vient en souligner le contour et les volumes. La lumière, en effet, a été un enjeu très important lors de la conception du bâtiment:

« Athènes est connue pour cette lumière extraordinairement belle et précise. Aussi avons-nous voulu éviter un musée « introverti » pour la laisser pénétrer de toutes parts afin d’avoir à la fois cette perfection de la luminosité athénienne et la vue vers l’Acropole et le Parthénon».

Propos de Bernard Tschumi. JACOBI Thomas, « Lumière et histoire ont rendez-vous au nouveau musée de l’Acropole », La Croix, 23/06/2009.

On a voulu que les œuvres soient éclairées par la lumière du jour, comme c’était le cas dans l’Antiquité. Ainsi le musée est-il entièrement ouvert sur l’extérieur et possède, en plus de ces baies, cinquante puits de lumière. Éclairage naturel qui offre par ailleurs un point de vue changeant sur les œuvres selon les variations de lumière qui s’opèrent au fil des heures. Notons que les vitres ont été traitées contre les ultraviolets afin que les pièces des collections ne soient pas endommagées par les rayons du soleil. Bien que moins sensibles que des tableaux, certaines œuvres ont en effet conservé leur polychromie, notamment des Corè qui se trouvent au premier étage. On remarquera également que, dans ce même souci de protection, la construction s’est faite dans le respect des normes antisismiques. Ensuite, on a cherché à conserver l’aspect monumental des œuvres. Cela se voit principalement dans la salle des sculptures archaïques qui est hypostyle. En effet, grâce aux colonnes qui supportent et surélèvent les statues, elles paraissent plus allongées et donnent au visiteur le sentiment de se trouver dans une « forêt de sculptures ». Il en résulte une impression de monumentalité et de sacralité voulues par l’équipe muséale.

Scénographie donc minimaliste qui joue sur les matériaux choisis et l’emploi judicieux de la lumière naturelle afin de mettre les œuvres en valeur et de leur donner toute leur puissance. A ce titre, le musée de l’Acropole peut donc être considéré comme un véritable écrin. Enfin, l’alliance entre architecture moderne et œuvres antiques contribue à souligner l’esthétique et l’intemporalité de ces dernières.

L’organisation interne du musée

Le musée de l’Acropole présente des œuvres provenant des réserves du précédent musée et des fouilles du site archéologique sur lequel il est bâti. Ces collections n’avaient encore jamais été présentées dans leur intégralité. Le musée conçu par Bernard Tschumi est organisé sur trois niveaux, selon un parcours chronologique. Le projet de cet architecte a été choisi « pour la solution simple, claire et belle qu’il apportait, en accord avec la beauté classique des œuvres du musée, et qui assurait une expérience muséologique et architecturale qui fonctionnent et fonctionneront dans le futur» (Dimitrios Pandermalis., directeur du musée).

Un parcours chronologique doublé d’une organisation géographique

Les collections sont exposées sur trois niveaux de manière chronologique, de l’époque archaïque jusqu’au Vème siècle après Jésus-Christ. Mais elles sont également organisées de manière géographique selon une scénographie didactique qui vise à exploiter au mieux la proximité entre le musée et le site archéologique. Ainsi, on a voulu donner au visiteur le sentiment de marcher sur les traces des anciens Athéniens en reproduisant l’itinéraire qu’ils empruntaient pour atteindre le Parthénon. La visite part symboliquement du bas du rocher pour atteindre, au dernier étage, la salle qui traite du Parthénon. Dans le même esprit, des espaces d’exposition sont successivement réservés à l’habitat et au cimetière de l’Acropole, à l’Asclépion, aux antiquités archaïques puis aux Propylées, à l’Erechteion et enfin, bien sûr, au Parthénon à proprement dit, respectant ainsi les différentes states de fouilles.

Salle des versants de l’Acropole

La salle des versants de l’Acropole est la première salle d’exposition du musée. Elle sert en quelque sorte d’introduction à la visite. On y trouve des œuvres que l’on a découvertes, comme son nom l’indique, sur les versants de l’Acropole. Dans de grandes vitrines, situées le long des murs en béton, sont présentés des objets du quotidien de façon thématique : le monde des femmes, la céramique, la vie économique, les offrandes votives. Le sol en verre permet au visiteur de marcher au-dessus des fouilles et de les admirer. On peut également remarquer que le sol est assez pentu afin de signifier visuellement au visiteur que les objets qu’il observe ont été retrouvés sur les flancs de l’Acropole. Au bout de ce long couloir se trouve une volée de marches et le fronton de l’Hecatompédon. Ses fragments sont insérés dans une forme triangulaire qui rappelle la forme du fronton originel. Le choix de cet emplacement permet de faire le lien entre la première salle et celle qui présente les œuvres archaïques.

Salle des sculptures archaïques

Nous avons déjà évoqué précédemment la salle des sculptures archaïques pour sa muséographie particulière. Des œuvres de la période archaïque y sont exposées. On peut y voir des éléments décoratifs d’architecture et des sculptures. Les œuvres sont présentées de façon à ce que l’on puisse en faire le tour, même en ce qui concerne les éléments de fronton. La pièce est entièrement ouverte sur l’extérieur : le musée interagit tout à la fois avec la ville moderne et le Parthénon où les œuvres ont été retrouvées.

Salle des antiquités archaïques, photo: Esto

Salle des antiquités archaïques, photo: Esto

Premier niveau, parties ouest et nord

Les salles du premier niveau, dans les parties ouest et nord, regroupent des œuvres classiques et d’époques postérieures. C’est également ici que l’on peut trouver les objets provenant des Propylées, du temple d’Athéna Niké et les Caryatides. Les différents espaces du bâtiment s’interpénètrent ; ainsi peut-on apercevoir les Caryatides depuis plusieurs endroits du musée, notamment du rez-de-chaussée. On trouve également dans ces salles des stèles inscrites et décorées. Leur présentation est assez intéressante. On prendra l’exemple du relief de Lenormant qui figure une trière. Comme il ne reste que quelques fragments de l’œuvre, on a reconstitué et dessiné les parties manquantes sur le mur si bien que le motif semble être continu.

Relief de Lenormant

Les espaces d’expositions temporaires et les temps de pause

Les espaces d’expositions temporaires et permanentes se distinguent des lieux de circulation et des communs par les matériaux utilisés. En effet, leur sol est en marbre rose d’Hélicon tandis que les espaces de circulation sont traités en marbre noir de Macédoine. Cette distinction permet ainsi au visiteur de se repérer dans les différents lieux qui composent le musée. Les expositions temporaires sont installées au rez-de-chaussée, dans un espace qui leur est dédié. Un café- restaurant, au niveau de l’entresol, propose aux visiteurs de faire une pause dans leur parcours avant d’entrer dans la salle la plus importante du musée. Cet emplacement peut paraître étrange mais il permet au visiteur, qui a déjà découvert beaucoup de choses, d’aborder reposé et l’esprit ouvert la salle du Parthénon qui est assez dense. Notons que l’on a d’ici une superbe vue à l’extérieur sur le monument lui-même.
Nous nous intéresserons à la salle du Parthénon dans une prochaine partie, car il s’agit de l’un des enjeux majeurs du musée.

L’importance de replacer les œuvres dans leur contexte

Les concepteurs du musée ont mis un point d’honneur à mettre en évidence le lien entre les œuvres du musée et le Parthénon. Ce lien est d’abord souligné par l’architecture. En effet, on a pu parler de la première salle qui reprend et simule la forme pentue des versants de l’Acropole. Les Caryatides, situées au premier niveau, sont également disposées de la même façon qu’à l’origine dans le temple ; leur agencement tenant compte de l’absence de l’une d’entre elles, exposée à Londres. Par ailleurs, c’est la première fois que leur disposition permet au visiteur d’en faire le tour.

De plus, le musée étant largement ouvert sur l’extérieur, le visiteur peut voir les œuvres en parallèle avec le Parthénon où elles ont été retrouvées. La dernière salle du musée illustre très bien cette volonté. Les frises du Parthénon y étant exposées, le lien avec le monument a donc fait l’objet d’une attention toute particulière. En effet, le troisième étage est décalé par rapport aux autres afin qu’il se présente sur le même axe et avec la même orientation que le Parthénon. En outre, la reconstitution de la frise est aux mêmes dimensions que l’œuvre originale ; des piliers en béton scandent la frise de la même façon que les piliers doriques le font au niveau du temple. On a laissé des espaces vides lorsque des métopes manquaient : il importait toujours de respecter les dimensions.

La salle du Parthénon : un enjeu politique

Mais il y a un autre enjeu majeur pour la construction du musée, politique celui-ci. En effet, l’État grec avait demandé la restitution des frises qui se trouvent au British museum quelques années auparavant. L’Angleterre avait répondu négativement au prétexte que la Grèce n’avait pas d’espace adéquat pour les recevoir ainsi que de trop mauvaises conditions de conservation. Le nouveau musée de l’Acropole a donc été érigé également dans le but de convaincre le British museum. Mais ce dernier refuse toujours de restituer des œuvres qu’il dit avoir acquises légalement. Par ailleurs, son but étant de présenter les arts du monde de manière encyclopédique, il ne souhaite pas s’en séparer :

« Le British museum étudiera bien évidemment toute demande de prêt de n’importe quelle partie de ses collections et de transport des œuvres, dans le cadre d’emprunts à court terme. Il est en revanche inconcevable d’envisager un prêt à long terme de l’intégralité des marbres du Parthénon que nous conservons.»

Hannah Boulton, porte-parole du British museum : MOREL Guillaume (propos recueillis par), « L’Angleterre doit-elle rendre les marbres du Parthénon ? », Connaissance des Arts, Avril 2008.

Face à ce refus, le musée de l’Acropole a donc choisi de faire réaliser des moulages des plaques qui se trouvent en Angleterre et de les présenter dans la dernière salle du musée, aux côtés des originaux qu’il possède.

Photo: Christian Richters

Photo: Christian Richters

Soulignons encore que le visiteur n’évolue pas dans une suite de salles traditionnelles mais suit une boucle tridimensionnelle  qui le guide dans l’édifice. Ceci a été voulu par l’architecte :

« Le circuit de visite dans le musée forme une boucle tridimensionnelle claire, offrant une promenade architecturale avec une expérience spatiale riche qui s’étend des fouilles archéologiques jusqu’aux Marbres du Parthénon et la période romaine. La narration spatiale combine mouvement linéaire avec le récit de l’art et de l’histoire. Le mouvement dans et à travers le temps, toujours une dimension cruciale de l’architecture, est un aspect important pour ce musée en particulier».

Ce lieu est vaste et peu ou prou conçu comme une réplique du Parthénon et de l’Acropole. Néanmoins la conception du musée, rappelons-le, a fait aussi une large place à la modernité. Mais cette juxtaposition très marquée entre ancien et moderne contribue encore à mettre en exergue la dimension esthétique et intemporelle des œuvres antiques.

Cliquez ici pour voir le site internet du musée

C.P

Couros et Corè: la statuaire de la période archaïque

Un couros est la représentation d’un jeune homme, nu (en général), debout, en position frontale, tandis que la corè représente une  jeune fille. Il s’agit d’une offrande faite à un sanctuaire ou d’un marqueur de tombe. Ces statues sont toujours idéalisées et sont caractéristiques de la période archaïque ( 600 – 480 avant J-C). Ce sont donc des agalma, c’est-à-dire des objets de joie.

Il faut se rappeler que ces œuvres étaient peintes. Le musée de l’Acropole a crée une application qui permet de colorer une corè: http://www.theacropolismuseum.gr/peploforos/

Les couroi

Il existe différents types régionaux. Par exemple, en Ionie ils sont bien en chair, ont un nez large, les yeux en amande, des arcades sourcilières amples. A Paros, les couroi ont des yeux ronds, une bouche souriante et un torse en forme de « T ».

Le système de Richter permet de dater les couroi : ils deviennent de plus en plus cohérents anatomiquement au fil du temps. De la sorte, il rapetissent au fil du temps, leur corps sera de plus en plus modelé  (notamment les apenovres: tablettes de chocolat). Les apenovres sont seulement incisées au début.

Détail. Jumeaux de Delphes, Musée de Delphes. 580 BC. 2.17 m. (©  Chemsseddoha)

Détail. Jumeaux de Delphes, Musée de Delphes. 580 BC. 2.17 m. (© Chemsseddoha)

De plus, les couroi ont généralement les cheveux longs mais la chevelure courte va apparaître à la fin de la période: à la fin du VIème siècle.

Le sourire, absent au début (jusque vers 580), va apparaître et être très présent. Il va disparaître ensuite dans les années 500/480.

Il existe néanmoins des représentations spécifiques comme le type du  « moscophore » (porteur de veau) ou le cavalier Rampin.

Les corai

Les corai sont des jeunes filles, debout, en position frontale. Le bras gauche est généralement ramené sur la poitrine et tient une offrande. Leurs cheveux retombent sur leurs épaules en mèches parotides.

Quand elles sont anciennes la section des jambes est circulaire, ce qui n’est pas cohérent: les vêtements retombent normalement le long des jambes en formant un rectangle. Elles rapetissent avec le temps.

Corè de Samos, v. 570 BC, 1.92 m, Louvre (© Musée du Louvre)

Corè de Samos, v. 570 BC, 1.92 m, Louvre (© Musée du Louvre)

On peut dater ces statues en fonction de leurs vêtements. De la sorte, jusque vers 530  seules les statues d’Ionie portent le chiton* et l’himation* (cf. statue ci-dessus). Les autres portent le péplos*. Ensuite, la mode ionienne va s’étendre à toute la Grèce.

* Himation: manteau qui se drape, se porte sur un chiton.

* Chiton : Tunique de lin cintrée à la taille.

* PéplosTissu rectangulaire plié en deux et cousu.

Enfin, le geste de saisir le chiton, déviant ainsi la « paryphée » (pli central du vêtement) apparaît dans les années 530 avant J-C.

C.P

Tanagra et ses statuettes

Tanagra est une nécropole de Béotie où l’on a retrouvé de nombreuses statuettes en terre cuite dans les années 1870. On a naturellement nommé ces œuvres « tanagras », en référence au lieu où elles ont été découvertes. On a produit des tanagras dans ce lieu entre le IVe et le IIIe siècles av. J-C. Mais ce n’est pas le seul centre de production: Athènes en a aussi produit un certain nombre.

La Béotie

Le travail de la terre cuite est une tradition béotienne très ancienne, on en trouve des témoignages dès le VIIIe siècle. On pourra prendre l’exemple des idoles-cloches. Le corps de ces idoles était réalisé au tour puis aplati. Les membres sont modelés. On peut noter que les jambes étaient liées au corps par un fil, ce dispositif permettait de les bouger. De nombreuses hypothèses ont été énoncées quant à leur utilisation: apotropaïques ou  associées au culte de la déesse Artémis.

Idole cloche, v. 700 BC, Thèbes (Béotie), Louvre

Idole cloche, v. 700 BC, Thèbes (Béotie), Louvre

Les tanagras peuvent êtres liés à des rituels funéraires, être des offrandes votives ou aux dieux. Ces statuettes adoptent des formes très diverses: divinités, danseuses, femmes drapées, enfants mais aussi animaux… On en trouve en Grèce à partir de 600 av. J-C environ. Les moules, utilisés à partir du VIe siècle av. J-C, vont favoriser leur production en série et, de fait, leur diffusion. On voit ainsi des « types » se fixer. Enfin on pourra noter que ces pièces étaient polychromes, certaines ont d’ailleurs conservé leurs couleurs.

Comment fabrique-t-on un tanagra?

Au départ les figurines étaient modelées, jusqu’à l’apparition de moules au VIe siècle. Les moules étaient dans les premiers temps utilisés pour réaliser les visages et le reste de la statuette était modelé.

Moule, Louvre

Moule, Louvre

Les moules sont généralement bivalves, c’est à dire en deux parties (une partie pour la face avant et une autre pour l’arrière). Il est cependant arrivé aux artisans d’utiliser des moules séparés pour le corps et la tête. Cela permettait de plus des combinaisons de modèles pré-établis. Ils servaient bien sûr plusieurs fois et permettaient donc une production en série.

On part d’un modèle réalisé par un sculpteur afin de créer les moules. De fines plaques d’argile y sont disposées; on peut alors cuire la statuette. Ces œuvres sont donc creuses. On aura pris soin de percer des évents dans la statue afin qu’elle n’explose pas lors de la cuisson. On les place généralement à l’arrière du sujet. Ce dernier est placé sur une plaque d’argile qui lui assure une certaine stabilité.

Event, Louvre

Event, Louvre

Il faut rappeler que les tanagras étaient polychromes. Ces statuettes sont peintes à partir du IVe siècle av. J-C.  Avant de colorer l’oeuvre il faut lui appliquer une couche préparatoire qui permet de conserver les pigments. On utilise en effet des pigments naturels organiques (le charbon de bois pour le noir, de la racine de garance pour le rose) ou minéraux (des oxydes de cuivre ou de fer par exemple). Néanmoins il existe également des pigments synthétiques comme le bleu égyptien. On pouvait en superposer plusieurs pour créer de nouvelles couleurs. Enfin, ils étaient mélangés à un liant comme du blanc d’œuf.

La dame en bleu, v. 300 BC, 32,5 cm, Louvre

La dame en bleu, v. 300 BC, 32,5 cm, Louvre

On peut trouver des traces de dorure, comme sur l’oeuvre ci-dessus, à partir de 360 avant Jésus-Christ. Il s’agissait de dorure à la feuille. Elle était appliquée sur une couche préparatoire puis on la brunissait à l’agate afin de lui donner un aspect lisse.

C.P

Dalí et la Vénus de Milo

La Vénus de Milo est l’une des plus célèbres œuvres de l’Antiquité. Cet original grec été découvert en avril 1820 sur l’île de Mélos, aussi appelée Milo, et est aujourd’hui conservé au musée du Louvre. Cette sculpture a été souvent reprise par les artistes qui ont admiré son esthétique et son caractère énigmatique, dû entre autres à l’absence de ses bras. On a d’ailleurs parfois tenté de lui restituer ses membres et utilisée en publicité. Parmi les artistes qui l’ont réinterprétée, on pourra citer Clive Barker, Arman et bien sûr Salvador Dalí auquel nous allons consacrer cet article.

Nous pouvons donc nous intéresser à la Vénus aux tiroirs que Dalí a réalisée en 1936. Elle est dotée de tiroirs au niveau du front, des seins, du ventre et des jambes. Les poignées sont ornées de pompons de fourrure.

Salvador Dali Vénus de Milo aux tiroirs 1936, plâtre original, coll. particulière

Salvador Dali
Vénus de Milo aux tiroirs
1936, plâtre original, coll. particulière

Le motif du corps humain qui comporte des tiroirs est fréquent dans l’œuvre de Dalí, que ce soit en sculpture ou en peinture. Il l’a notamment utilisé plusieurs fois en 1936.

On peut trouver dans la Vénus aux tiroirs l’idée de profanation, de ré-emploi chère aux surréalistes. Ces derniers pensaient en effet que l’idée de l’harmonie du corps humain, véhiculée par les statues antiques, était démodée. L’artiste dégrade donc ici l’esthétique antique, la pervertit pour montrer qu’elle est dépassée.

En incorporant des tiroirs à la Vénus de Milo, Dalí lui donne une fonction d’objet (il réduit l’esthétique antique à un simple objet) mais c’est surtout ici une dimension freudienne qu’il a voulu insuffler au chef-d’œuvre :

« La civilisation grecque n’a pas connu l’introspection, voyez-vous, ni Freud ni le christianisme. Avec les tiroirs, il est désormais possible de regarder l’âme de la Vénus de Milo à travers son corps. » Dalí

Ainsi pour Freud le symbole des tiroirs renvoie-t-il aux tréfonds de la psyché et de l’inconscient. La statue renferme donc des choses mais les tiroirs ne sont qu’à demi ouverts ce qui laisse planer une part d’ombre et de mystère quant à son contenu. On a donc ici une évocation de l’inconnu que constitue le Moi profond, l’inconscient ( ce qui est aussi évoqué par le tiroir qui se situe au niveau du front). Dalí était un mystique et donc on peut penser que cette idée de mystère l’a séduit tout particulièrement.

Mais cette œuvre peut aussi être considérée comme étant une réécriture des mystères de la féminité. Les tiroirs sont placés à des endroits symboliques de la féminité: les seins, le bas ventre et la jambe. L’esprit également. Beauté féminine et mystère féminin sont ici ré-interprétés de manière un peu décalée. On pourra enfin noter que les poignées sont recouvertes de fourrure : cela peut renvoyer à la coquetterie féminine, à un certain raffinement mais surtout à un aspect plus érotique de la féminité.  D’autant plus qu’il s’agit d’une statue de Vénus, déesse de l’amour, de la sensualité…

Enfin on pourra évoquer d’autres ré-interprétations de la Vénus de Milo, comme la Vénus enchaînée de Barker ou encore la Vénus aux ongles rouges d’Arman. Sur cette dernière oeuvre la Vénus est entourée d’un drap de bain; cela nous renvoie au type antique de la Vénus à sa toilette. De plus, la sculpture est entièrement recouverte d’ongles rouges. C’est une référence à sa féminité mais aussi, bien sûr, un clin d’œil à son absence de bras.

C.P

Des livres qui parlent d’art

Les auteurs sont classés par ordre alphabétique.

Arasse Daniel

Histoires de peintures (essai)

daniel-arasse-histoires-de-peintures-o-2070320812-0Daniel Arasse invite son lecteur à une traversée de l’histoire de la peinture sur six siècles, depuis l’invention de la perspective jusqu’à la disparition de la figure. Evoquant de grandes problématiques – la perspective, l’Annonciation, le statut du détail, les heurs et malheurs de l’anachronisme, la restauration et les conditions de visibilité et d’exposition – mais aussi des peintres ou des tableaux précis, il fait revivre avec perspicacité et ferveur plusieurs moments clés, comme Léonard de Vinci, Michel-Ange, le maniérisme, ou encore Vermeer, Ingres, Manet. Son analyse se nourrit constamment d’exemples concrets – La Madone Sixtine de Raphaël, La Joconde, la Chambre des époux, de Mantegna, Le Verrou de Fragonard… – avant de conclure sur quelques aspects de l’art contemporain. Le lecteur retrouvera le goût de mieux voir de grands épisodes de la peinture, grâce à une approche sensible et ouverte. Toujours il sera surpris, réveillé, entraîné dans un véritable enchantement d’intelligence et d’humour.

On n’y voit rien (essai)

Que fait-on quand on regarde une peinture ? A quoi pense-t-on ? Qu’imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l’on voit ou devine ? Et comment l’historien d’art peut-il interpréter sérieusement ce qu’il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ? En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d’enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu’elle nous montre. On n’y voit rien ! Mais ce rien, ce n’est pas rien. Écrit par un des historiens d’art les plus brillants d’aujourd’hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.

Le détail, pour une histoire rapprochée de la peinture  (essai)

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Daniel Arasse envisage un programme qui va bien au-delà d’une simple « histoire du détail », car ce qu’il vise est la totale relecture de l’histoire de la peinture occidentale à l’aune du détail. Qu’il soit inopinément ou peu à peu découvert, identifié, scruté, isolé, voire découpé de son ensemble, le détail offre en effet une toute autre manière de voir et d’appréhender la peinture.

Arditi Metin

Le Turquetto (roman)

Se pourrait-il qu’un tableau célèbre – dont la signature présente une anomalie chromatique – soit l’unique oeuvre qui nous reste d’un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait « le Turquetto » (le petit Turc) ?

Assouline Pierre

Le portrait (roman)

51iDSIXxMXL._SY344_BO1,204,203,200_Et si un tableau pouvait parler ? Dire tout ce qu’il voit et tout ce qu’il entend, partout où il est accroché ? Le portrait de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848, raconte un siècle et demi des fastes et des tourments de sa famille. Du 19 rue Laffitte, où se croisaient le duc d’Orléans, Rossini, Chopin, Balzac, Adolphe Tiers et Napoléon III, à l’hôtel Lambert aujourd’hui, en passant par les années sombres de l’Occupation et les généreux prêts aux musées, se dévoile l’une des plus célèbres et des plus secrètes dynasties financières d’Europe.

Balzac

Le chef d’oeuvre inconnu (roman)

téléchargementA Paris, au début du XVIIe siècle, trois peintres devisent de leur art. L’un est un jeune inconnu, promis à la gloire : Nicolas Poussin. Le deuxième, Franz Porbus, portraitiste officiel de feu le roi Henri IV, est, lui, dans la plénitude de son talent et au faîte de la renommée. Le troisième, maître Frenhofer, personnage plein de mystère qui a côtoyé les plus grands maîtres et assimilé leurs leçons, met la dernière main dans le plus grand secret à un bien mystérieux «chef-d’oeuvre». Il faudra que Gillette, la compagne de Poussin, en qui Frenhofer espère trouver le modèle idéal cherché en vain depuis des années, soit admise dans l’atelier du peintre pour que, y pénétrant derrière elle, Porbus et Poussin découvrent le tableau dont Frenhofer gardait jalousement le secret. Et cette découverte les plongera dans la stupéfaction.

Brown Dan

Da Vinci Code (roman)

Un éminent spécialiste de symbologie de Harvard est convoqué au Louvre pour examiner une série de pictogrammes en rapport avec l’œuvre de Vinci. En déchiffrant le code, il met au jour l’un des plus grands mystères de notre temps… et devient un homme traqué.

Anges et démons (roman)

Pour partir à la découverte de Rome et de ses monuments…

Convoqué au CERN, en Suisse, pour déchiffrer un symbole gravé au fer rouge retrouvé sur le corps d’un éminent homme de science, Robert Langdon ne dispose que de quelques heures pour enquêter. Ses pas le conduisent à Rome, au cœur même du Vatican pendant la tenue du conclave.

Inferno (roman)

Pour partir à la découverte de Florence et de son passé artistique…

Inferno-coverRobert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l’hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n’a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D’où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon décide de s’enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu’il est en possession d’un message codé, créé par un éminent scientifique qui a consacré sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n’a d’égale que sa passion pour « Inferno », le grand poème épique de Dante. Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna font tout pour retrouver l’ultime création du scientifique, véritable bombe à retardement, dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire…

BUSSI Michel

Nymphéas noirs (roman)

9782258088269Le jour paraît sur Giverny. Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au cœur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du   passé…

Chandernagor (de) françoise

Couleur du temps (roman)

Pourquoi Baptiste, ancien peintre de Cour désormais oublié, tient-il à présenter à la plus grande exposition parisienne un Portrait de famille si démodé ? La touche, la composition, les vêtements des personnages, tout y est désuet ; rien, non plus, n’y semble accordé : dans cette famille figée par les années, la femme, en robe d’autrefois, a l’air d’une très jeune fille, les enfants sont des nourrissons, tous du même âge, tandis que l’artiste s’est représenté en grand vieillard… Que veut démontrer Baptiste V. ? Que cherche-t-il, en reparaissant ainsi brusquement sur le devant de la scène ? Dans ce roman d’un portrait, Françoise Chandernagor raconte l’histoire dune vie, et, à travers le destin d’un homme, la quête d’une couleur chère à tous les conteurs : la couleur du temps.

Chauveau Sophie

Cet auteur a écrit beaucoup de romans en lien avec l’art. En voici seulement quelques exemples.

La passion Lippi (roman)

lippiFlorence 1414. Un enfant hirsute, aux pieds couverts de corne, griffonne furieusement une fresque remarquable à même le sol d’une ruelle des bas-fonds de la ville. Miraculeusement repéré par Cosme de Médicis et placé au couvent des carmes, il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance. Moine et libertin, artiste intransigeant et manipulateur sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses sublimes madones bouleversent son époque. Elles lui sont pourtant très intimement inspirées par les filles des maisons de plaisir de Florence qui en ont fait leur petit prince caché. Bravant tous les interdits et jusqu’à l’autorité suprême du Pape, il commet par amour l’ultime provocation. Le scandale le pousse à l’exil et le renvoie au secret sanglant enfoui au cœur de son enfance. Peintre voyou, ange ivre, fra Filippo Lippi invente un rapport nouveau entre l’art et le monde de l’argent et, le premier, fait passer les peintres du statut d’artisans estimés à celui d’artistes reconnus.

Le rêve Botticelli (roman)

reve_bottocelliFlorence, quinzième siècle. Sous le règne de Laurent le Magnifique, jamais le sang, la beauté, la mort et la passion ne se sont autant mêlés dans la capitale toscane. Le plus doué des élèves de Fra Filippo Lippi, un certain Sandro Filipepi surnommé depuis l’enfance  « botticello – le petit tonneau » va mener à son apogée la peinture de la Renaissance. Maître d’œuvre de la chapelle Sixtine, créateur bouleversant d’un Printemps inouï, il ressent intimement et annonce les soubresauts de son époque. Pendant que Savonarole enflamme la ville par ses prophéties apocalyptiques, il continue à peindre avec fougue. Il entretient alors avec Léonard de Vinci une relation faite de rivalité farouche et d’amitié profonde. Adulé puis oublié de tous, aussi secret que Florence est flamboyante, Botticelli habite un rêve connu de lui seul.

Fragonard, l’invention du bonheur (roman)

Paris 1761, dans le rougeoiement crépusculaire de la monarchie, une couleur nouvelle apparaît, un «jaune vie» éclatant, qui va révolutionner d’un sourire l’art pictural. Fragonard invente le bonheur… Précurseur des impressionnistes, premier conservateur du futur musée du Louvre, il pose un regard nouveau sur l’amour, ivre de couleur et de lumière. Sophie Chauveau brosse avec un formidable luxe de détails, la fresque foisonnante et méconnue des soixante-quatorze années d’existence du grand peintre.

Chevalier Tracy

La jeune fille à la perle (roman)

jeune-fille-perleLa jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur de la jeune fille, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maisonnée, le scandale se propage dans la ville.

La dame à la licorne (roman)

516WJKPDY9LDésireux d’orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d’avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l’artiste accepte néanmoins après avoir entrevu la fille de Jean Le Viste dont il s’éprend. La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. En élucidant le mystère d’un chef-d’œuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Age s’apprête à épouser la Renaissance.

CLOAREC Françoise

Séraphine: la vie rêvée de Séraphine de Senlis (roman biographique)

51fS7R69EGL._SY344_BO1,204,203,200_Voici l’exceptionnelle histoire de Séraphine Louis (1864-1942), décrétée par elle-même peintre « sans rivale », et devenue avec la gloire Séraphine de Senlis. Cette femme, née à Arsy-sur-Oise dans une famille pauvre, placée très jeune dans plusieurs maisons bourgeoises de la région, travaille chez les sœurs durant vingt ans, avant de céder à 42 ans aux voix de la Vierge l’enjoignant de peindre. Ses tableaux ayant pour inspiration la flore, les vitraux de la cathédrale de Senlis, ainsi que ses rêves et ses extases, ses bizarreries et sa tendance à l’affabulation font vite d’elle une originale. Soutenue par Wilhelm Uhde, grand collectionneur parisien – le premier à repérer Picasso, Braque et le Douanier Rousseau –, Séraphine va bénéficier d’une grande exposition en 1928 à Paris dédiée aux peintres naïfs et va se bercer de rêves de notoriété. Le jour où Uhde, appauvri par la crise économique, lui retire son soutien, ses repères s’effondrent et, emportée par des élans mystiques, Séraphine va connaître un sort semblable à celui de Camille Claudel. Elle mourra internée et oubliée de tous.

DElerm Philippe

Autumn (roman)

Philippe Delerm nous entraîne dans le périple insensé des peintres préraphaélites. Une aventure envoûtante où des personnages se déchirent. Un destin en clair-obscur. On se demande si le faste n’est pas le comble de la misère, et si le recours aux paradis artificiels ne masque pas d’autres détresses.

La bulle de Tiepolo (roman)

Toute une foule, vue de dos ou de profil, assistant à un spectacle invisible.
Au loin, la mer. Une facture surprenante. Des personnages saisis dans des attitudes familières au cours d’une scène publique. Mais le vrai secret, c’était le personnage grimpé sur un tabouret et qui tient à la main une longue badine, ou une espèce de perche, dont l’extrémité atteint le centre de la scène. Quel sens donner à son geste ?

Sundborn ou les jours de lumière (roman)

Grez-sur-Loing, 1884. Autour de Carl Larsson vit une petite communauté de peintres scandinaves venus tester la lumière tant vantée par ceux que l’on nomme, encore par dérision, les «impressionnistes». August Strindberg est là avec sa famille, Soren Kroyer les rejoint bientôt. Pour Ulrik Tercier, ils représentent la joie de vivre, la passion. Aussi, quand le groupe se délite, décide-t-il de partir pour Skagen, au Danemark, avec Soren Kroyer. Il est dès lors partagé entre différents lieux – Skagen, Grez et Sundborn, en Suède – qui incarnent autant de conceptions de l’art et de la vie.Sundborn ou Les jours de lumière, qui met en scène des personnages réels et romanesques, décrit par petites touches, légères et sensibles, les heurts, les cassures, les instants parfaits qui font une vie. Évocation de l’impossible conciliation entre l’absolu de l’art et les nécessaires compromissions de l’existence, ce roman empreint de nostalgie est également une célébration de la joie de vivre, et de peindre.

Desbordes Michèle

La demande (roman)

A la fin de sa vie, sur l’invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Accompagné de ses élèves, il fait le long voyage jusqu’à la Loire où il aura sa demeure. On lui donne une servante. La relation de cette rencontre, en vérité bouleversante, impossible à cerner dans une formule, est le coeur du roman servi par la prose tendue, insidieuse et dense de Desbordes qui porte -magistralement- le récit jusqu’à son point d’orgue: la demande.

Desparts Jean-Paul

Bleu de Sèvres (roman)

Louis XV, adroitement inspiré par Mme de Pompadour devient, en 1760, l’unique actionnaire de la Manufacture de Sèvres. Afin de percer le secret de la porcelaine dure, fabriquée en Saxe, il engage deux frères chimistes. Mais les coups bas se multiplient et des espions sortent de l’ombre…

EDSel Robert M.

Monuments Men: Rose Valland et le commando d’experts à la recherche du plus grand trésor nazi (roman)

On les appelait les «Monuments men» ; ils venaient de treize pays différents et dans la vie civile ils étaient architectes, conservateurs, historiens de l’art… Leur mission : accompagner les armées de la libération pour protéger le patrimoine architectural européen et récupérer les milliers d’œuvres d’art saisies par les Nazis.

Fernandez Dominique

La course à l’abîme (roman)

9782253112754-TRome, 1600. Un jeune peintre inconnu débarque dans la capitale et, en quelques tableaux d’une puissance et d’un érotisme jamais vus, révolutionne la peinture. Réalisme, cruauté, clair-obscur : il bouscule trois cents ans de tradition artistique. Les cardinaux le protègent, les princes le courtisent. Il devient, sous le pseudonyme de Caravage, le peintre officiel de l’Eglise. Mais voilà c’est un marginal-né, un violent, un asocial ; l’idée même de « faire carrière » lui répugne. Au mépris des lois, il aime à la passion les garçons, surtout les mauvais garçons, les voyous. Il aime se bagarrer, aussi habile à l’épée que virtuose du pinceau. Condamné à mort pour avoir tué un homme, il s’enfuit, erre entre Naples, Malte, la Sicile, provoque de nouveaux scandales, meurt à trente-huit ans sur une plage au nord de Rome. Assassiné ? Sans doute. Par qui ? On ne sait. Pourquoi ? Tout est mystérieux dans cette vie et dans cette mort. Il fallait un romancier pour ressusciter, outre cette époque fabuleuse de la Rome baroque, un tempérament hors normes sur lequel on ne sait rien de sûr, sauf qu’il a été un génie absolu, un des plus grands peintres de tous les temps.

Fleischhauer Wolfram

La ligne pourpre (roman)

41J3-NrF4uL._SY344_BO1,204,203,200_Nous connaissons tous ce tableau : deux femmes dans une baignoire, l’une pinçant le bout du sein de l’autre, laquelle tient une bague entre le pouce et l’index. Le narrateur de La Ligne pourpre, jeune universitaire un peu désabusé, l’a vu lui aussi au Louvre. Mais voilà qu’un étrange manuscrit dévoile son incroyable mystère : le tableau expliquerait la mort, quelques jours avant son mariage avec le roi Henri IV, de sa maîtresse Gabrielle d’Estrées. Quelle explication donner à sa mort à la veille de son couronnement ? Quel est le lien avec l’œuvre ? Gabrielle a-t-elle été empoisonnée par le grand duc Ferdinand ? Pourquoi les dépêches diplomatiques entre Paris et Florence s’interrompent-elles quelques jours avant ? Dans ce magnifique roman, Wolfram Fleischhauer emporte son lecteur dans un univers sombre et brutal, sur les traces de Vignac, un jeune peintre que son ambition va mener à sa perte. Dans la France d’Henri IV, encore troublée par les guerres de Religion et les manœuvres politiques des grandes puissances européennes, un artiste découvre que quelques coups de pinceau suffisent à vous entraîner dans les stratagèmes les plus machiavéliques de la grande politique.

Follet Ken

Le scandale Modigliani (roman)

Ils ont entendu parler d’un fabuleux Modigliani perdu et sont prêts à tout pour mettre la main dessus : une jeune étudiante en histoire de l’art dévorée d’ambition, un marchand de tableaux peu scrupuleux et un galeriste en pleine crise financière et conjugale… Sans compter quelques faussaires ingénieux et une actrice idéaliste venant allègrement pimenter une course poursuite échevelée. Qui sortira vainqueur de cette chasse au trésor menée tambour battant, de Paris à Rimini, en passant par les quartiers huppés de Londres ? Un Ken Follett inédit, enjoué et alerte, qui offre une peinture édifiante des coulisses du monde de l’art.

Gautier Théophile

Arria Marcella (nouvelle)

Trois jeunes gens visitent les ruines de Pompéi. L’un d’eux, Octavien, aperçoit la silhouette d’une jeune femme à jamais prisonnière de la cendre. Le soir, après un dîner bien arrosé, Octavien se promène seul dans la ville. Il se rend compte qu’il ne se promène pas dans une ville morte, mais jeune, sur laquelle ne sont pas passées les cendres et la lave brûlante du Vésuve. Le lendemain, Octavien se réveille. Tout cela n’était-il qu’un rêve?

Goetz Adrien

Cet auteur a écrit une série de quatre enquêtes policières dont le protagoniste, Pénélope, est une conservatrice du patrimoine.

Intrigue à l’anglaise (premier tome)

9782246723912-T_0Trois mètres de toile manquent à la fameuse tapisserie de Bayeux, qui décrit la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, s’ennuie au musée de Bayeux, jusqu’au jour où la directrice du musée, dont elle est l’adjointe, est victime d’une tentative de meurtre ! Entre-temps, des fragments de tapisserie ont été mis aux enchères à Drouot. Pénélope, chargée par le directeur du Louvre de mener discrètement une enquête, va jouer les détectives et reconstituer l’histoire millénaire de la tapisserie, de 1066 à la mort tragique de Lady Diana sous le pont de l’Alma…

Intrigue à Giverny (dernier tome paru)

9782246804352-X_0Après Bayeux, Versailles et Venise, voici Pénélope à Giverny, la patrie de Claude Monet. Notre intrépide conservatrice-détective assiste à un dîner au musée Marmottan-Monet, au cours duquel elle rencontre deux spécialistes de l’œuvre du grand impressionniste. Le lendemain, l’une, une religieuse, a disparu, alors que l’autre, une Américaine, est retrouvée égorgée. Wandrille, le compagnon-journaliste de Pénélope, est à Monaco où il couvre le mariage du prince Albert et de Charlène. Dans la principauté se prépare aussi la vente d’une toile de Monet. Vrai ou faux ? Le peintre, ami de Clemenceau, était-il vraiment l’homme tranquille qu’on connaît ? Un quatrième volume des Enquêtes de Pénélope aussi drôle qu’érudit.

Gogol Nicolas

Le portrait (nouvelle)

En furetant dans la boutique de tableaux du Marché Chtchoukine, à Saint-Pétersbourg, le jeune peintre sans-le-sou Tchartkov découvre un envoûtant portrait doué d’un regard qui «surgit du fond du tableau». Il en fait l’acquisition avec ses derniers kopecks. Sa vie en est aussitôt bouleversée : très vite, il va obtenir fortune et reconnaissance. Mais le prix à payer ne sera-t-il pas exorbitant ? Pourquoi le portrait éveille-t-il chez son possesseur les sentiments les plus vils ? Quelle est l’origine de son pouvoir ?

Guarnieri Luigi 

La double vie de Vermeer (roman)

517FHJBSKPL._SY344_BO1,204,203,200_Voici l’incroyable et véridique histoire de Han Van Meegeren, peintre traditionaliste né aux Pays-Bas en 1889, qui, éreinté par les critiques de son époque, décida de se venger de manière grandiose : il réalisa plusieurs faux Vermeer dont certains furent considérés par la presse comme des chefs-d’œuvre du maître de Delft. Ce n’est qu’en 1945 que la supercherie fut découverte, quand la police saisit la collection de Goering, et que Van Meegeren fut accusé de haute trahison pour avoir vendu un Vermeer à ce maréchal du Reich nazi. S’ensuivit un procès mémorable, qui vit défiler responsables de musée, critiques d’art et experts de renom… Croisant les biographies de Vermeer et de Van Meegeren, mais également celles de Proust et de Goering, Luigi Guarnieri signe un palpitant roman à l’ironie délicieuse, tout à la fois enquête policière et réflexion jubilatoire sur la relativité des œuvres d’art et des jugements qu’elles suscitent, sur la folie, la passion du beau, et les infinies séductions du mensonge.

Inoué Yasushi

Le faussaire (nouvelle)

9782253061984-TTrois récits. Trois manières de regarder l’humanité. Trois mélodies douces amères. Avec, en toile de fond, la solitude des êtres et les pesanteurs du destin. Il y a d’abord Le Faussaire : l’étrange enquête d’un journaliste parti sur les traces d’un génie de la peinture, qui découvre dans son ombre l’existence d’un « double » mystérieux… Il y a ensuite Obasuté, thème et variations : souvenirs d’enfance autour d’une légende… Il y a enfin Pleine lune : le récit de l’ascension et du déclin fulgurants d’un homme qui croyait que le monde était plié à sa loi…

James Henry

Le dernier des Valerii (nouvelle)

Comte italien, le « dernier des Valerii » épouse une jeune et riche Américaine aussi éprise de sa beauté virile que de son patrimoine, dont les vestiges – statues et sarcophages rongés de moisissures – ornent les jardins de sa villa romaine. Mais le jour où l’on déterre une statue de Junon, la vie du comte est bouleversée…

Kastner Jörg

La couleur bleue (roman)

La folie s’empare d’Amsterdam en cette année 1669. Des hommes se mettent à tuer sauvagement leur épouse, leurs enfants. Sur les lieux du crime, on trouve toujours le même tableau, d’un bleu profond et captivant. Le jeune peintre Cornélis enquête. De l’atelier de Rembrandt à la Bourse du commerce, il devient l’acteur involontaire d’une terrible machination…

Mérimée Prosper

La Vénus d’Ille (nouvelle)

« C’est une idole vous dis-je ; on le voit bien à son air… On dirait qu’elle vous dévisage. » Tels sont les propos du paysan qui vient de déterrer une étrange statue antique. Sitôt exhumée, elle tombe sur la jambe de son compagnon, le laissant gravement handicapé… S’enchaînent alors bien d’autres malheurs et faits étranges, qui se concluent par un assassinat. Cette divinité serait-elle l’incarnation du mal ? La statue se métamorphoserait-elle, la nuit, en criminelle ? Dans ce récit spectaculaire et riche en rebondissements, Mérimée révèle, entre autres, une parfaite maîtrise du genre fantastique.

Pamuk Orhan

Mon nom est Rouge (roman)

Du fond du cœur noir d’un puits, la victime d’un horrible assassinat pose la première pierre d’une histoire aux multiples personnages et rebondissements. Il neige, en cet hiver 1591 sur la ville d’Istanbul, et le froid n’empêche pas les complots et les meurtres. Pour quelles raisons précipite-t-on un miniaturiste de la cour du Sultan dans le gouffre de la mort ? Sa mort a-t-elle un rapport avec cette équipe de peintres bien décidés à aiguiser leur pinceau dans une lutte picturale opposant classique et moderne, Orient et Occident, et mêlant à leurs pigments le sang ?

Pastoureau Michel

Le petit livre des couleurs (essai)

518BFJYGIAL._SY344_BO1,204,203,200_Ce n’est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l’évolution des mentalités. L’art, la peinture, la décoration, l’architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit. Apprenez à penser en couleurs et vous verrez la réalité autrement !

Poe Adgar Allan

Le portrait ovale (nouvelle)

Un homme blessé et son domestique s’installent pour une nuit dans un château étrange et abandonné des Apennins. La nuit, alors que le maître ne trouve pas le sommeil, il contemple les tableaux exposés dans sa chambre, tout en lisant le volume trouvé sur son oreiller contenant l’analyse de ces toiles…

Quignard Pascal

Terrasse à Rome (roman)

QUIGNARDAu XVIIe siècle, un eau-fortier se retrouve avec le visage détruit à l’eau-forte. Cette « face de cuir bouilli » grave à jamais en lui l’amour qu’il portait à Nanni de Bruges et le geste vengeur de son fiancé jaloux. Privé d’image et d’expression, Meaume le graveur se livre à son intériorité. Au fil d’une succession de scènes sans liaison, comme autant de cris et d’halètements qui accompagnent la traversée de l’enfer et l’accès à la lumière, Meaume dit ses extases, son art, ses désirs, mais aussi la créativité, l’amour, l’apparence et la vérité. En homme « que les images attaquent », il énonce ses visions, sa fascination pour l’opposition et la complémentarité du clair-obscur.

Reza Yasmina 

Art (théâtre)

Marc est invité par son ami Serge à venir voir sa nouvelle acquisition, une toile d’environ 1m60 sur 1m20 peinte en blanc, avec de fins liserés blancs transversaux, que Serge vient d’acheter 200 000 francs. Atterré par cet achat, ne comprenant pas que son ami ait pu dépenser une somme pareille pour un tableau blanc, Marc donne d’abord son point de vue sans retenue, ne se souciant pas de l’avis de Serge… Une réflexion sur l’art.

Schmitt Eric-Emmanuel

Lorsque j’étais une oeuvre d’art (roman)

Lorsque j’étais une œuvre d’art est un livre sans équivalent dans l’histoire de la littérature, même si c’est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d’un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d’art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n’est plus qu’un corps sans âme entre les mains d’un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.

Tartt Donna

Le chardonneret (roman)

CVT_Le-chardonneret_31Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu’il soit aujourd’hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d’hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu’est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D’où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu’il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d’initiation à la Dickens et thriller éminemment moderne, fouillant les angoisses, les peurs et les vices de l’Amérique contemporaine, Le Chardonneret laisse le lecteur essoufflé, ébloui et encore une fois conquis par le talent hors du commun de Dona Tartt.

Wilde Oscar

Le portrait de Dorian Gray (roman)

9782253002888«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures.»
Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer.»

Zola Emile

L’oeuvre (roman)

Dans aucun autre roman Zola n’a mis autant de lui-même que dans L’Oeuvre. Zola, le critique d’art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l’art officiel, de Manet, de Monet et de toute l’avant-garde qu’incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l’écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l’on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l’arche immense ». Zola, l’homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l’insatisfaction permanente et l’angoisse de déchoir d’un peintre génial et d’un romancier travailleur. Roman de la passion de l’art au détriment de la vie et de l’amour, L’Oeuvre met en scène à la fois l’enthousiasme d’une révolution artistique et le drame éternel de l’artiste aux prises avec la création.

Si vous connaissez d’autres ouvrages, n’hésitez pas à les mentionner en commentaire !

Les résumés proviennent des sites amazon.fr, babelio.com et livredepoche.com

Frank Lloyd Wright: La maison de la cascade (1935)

La maison de la cascade ou « Fallingwater » se trouve à Mill Run en Pennsylvanie, près de la ville de Pittsburgh. Cette maison a été construite près du cours d’eau de Bear Run (Appalaches) pour la famille Kaufmann. Edgar Kaufmann (1885-1955) était amateur d’art et le propriétaire d’un grand magasin à Pittsburgh.

La construction et les matériaux

Les travaux, supervisés par Bob Mosher et Edgar Tafel, ont été menés entre 1934 et 1937. La maison principale a une superficie de 268 mètres carrés tandis que la maison d’amis, dont nous parlerons plus tard, mesure 227 mètres carrés.

Avant d’entreprendre les travaux Frank Lloyd Wright (1867-1959) a tout d’abord demandé une étude typographique du terrain. Cet architecte a un processus de création assez particulier: il a mis neuf mois avant de réaliser les premières esquisses de la maison. Il explique cela dans l’un de ses ouvrages:

 » Concevoir entièrement la construction non sur le papier, mais dans l’imagination, avant même de toucher le papier. Qu’elle vive là, prenant peu à peu forme avant de la soumettre à une planche à dessin. […] Il vaut mieux demander à l’imagination de construire et achever le bâtiment avant d’y travailler à l’aide d’une équerre et d’un rapporteur. » In Cause of architecture, 1928.

Wright a choisi de placer la maison au-dessus de la cascade ce qui a étonné les commanditaires. Si elle avait été aux pieds de la rivière elle aurait été mal orientée (au nord). De plus, Wright voulait que les Kaufmann vivent en harmonie avec le bruit de l’eau: « je veux que vous viviez avec la cascade, pas que vous vous contentiez de la regarder, il faut qu’elle fasse partie intégrante de votre vie ».

Fallingwater

Fallingwater est essentiellement réalisée en pierre, en béton armé et en verre. Les murs porteurs sont en pierres taillées qui proviennent des bords de la rivières. Elles ont été taillées différemment en fonction de leur utilisation dans la maison: murs, terrasse, marches. Parfois ces pierres forment même des étagères, comme dans la « master bedroom ». L’architecte a essayé de composer au maximum avec les éléments naturels présents à Mill Run.

Les terrasses en béton armé ont permis de créer des coffrages autour des arbres: l’architecte ne souhaitait pas détruire le site naturel et l’a donc intégré au bâtiment. Ces coffrages abritent les installations électriques. Les terrasses sont en porte-à-faux ce qui permet d’abriter les étages de la pluie et du soleil.

Quelques problèmes sont survenus lors de la construction:

L’ossature de la maison contient beaucoup de tiges en acier mais celles-ci étaient trop rapprochées et le béton n’a pas coulé de manière homogène. Cela a engendré une fragilité de la structure. On remarque aussi un affaissement du porte-à-faux principal et des fissures dans le béton. En 1999 Fallingwater a par exemple subi un affaissement de 18cm. Selon le bulletin des amis de Fallingwater publié à l’époque, il n’y avait pas encore assez d’acier pour maintenir la structure. Enfin on observe encore aujourd’hui l’apparition de moisissures due à la proximité avec la rivière.

Influences

Le modernisme ambiant

Wright a tout d’abord été naturellement influencé par les idées de son époque: il utilise des nouveaux matériaux comme le béton armé et l’acier. Il s’intéresse également aux éléments préfabriqués. Wright s’oppose cependant à ses contemporains en prônant l’usage de matériaux naturels qu’il laisse bruts, contrairement à ses collègues de l’école de Chicago  qui les enduisent ou les peignent pour répondre aux goûts des usagers.

ŒUVRESPRÉCÉDENTES

« Les idées mises en oeuvre ici ne sont en aucun cas différentes de celles de mes précédentes réalisations. Les matériaux et les méthodes de constructions en sont issus. Les effets que l’on voit dans cette maison n’ont rien de superficiels et sont en parfaite logique avec les maisons de la prairie de 1901-1910 » In On architecture

De la Robie house (1909) on retrouve par exemple la ligne horizontale et les balcons.

Le Japon

Pour plus d’informations cliquez sur le lien vers l’article l’influence du Japon chez Wright.

La nature

La maison à la cascade s’inscrit dans l’architecture organique, c’est-à-dire une architecture qui favorise l’harmonie entre l’habitat et l’humain. Wright a de la sorte intégré les arbres présents sur le site au bâtiment. Il a aussi conservé les roches de la cascade dans le salon et le mur arrière de l’édifice s’appuie sur la paroi rocheuse. C’est pourquoi on a souvent comparé Fallingwater à une caverne…

Cette idée de naturel se manifeste également à travers la palette chromatique employée. De l’ocre clair a été choisi pour recouvrir le béton, du rouge cherokee pour l’acier. Une entreprise de Pittsburgh a travaillé sur le chantier afin de créer des des peintures capables de résister aux contraintes climatiques du lieu comme l’humidité.

L’idée était donc de faire entrer la nature dans la maison et de transformer les contraintes du site en atouts de charme.

La maison

La maison s’organise autour d’une « tour centrale » en pierre naturelle qui abrite la tuyauterie et les conduits de cheminée: les pièces de la maison rayonnent en porte-à-faux par rapport à cet axe central . Il y a une nette opposition entre la verticalité du corps central et l’horizontalité des trois étages et des terrasses.

On accède à la maison par un pont qui enjambe le cours d’eau.

Le rez-de-chaussée

Après avoir traversé le hall on rentre dans la cuisine, assez moderne pour l’époque. Elle est équipée d’armoires en métal et d’une cuisinière. La table en formica a été dessinée par Wright.

La salle à manger et le salon constituent la pièce principale. Les murs en pierre sont restreints et laissent la place à de grandes baies horizontales. Le sol est en pierre, ciré avec un produit de la Johnson Wax company. Cela fait un parallèle avec les roches humides de la cascade. Un escalier suspendu en béton, entouré de verre, descend vers la cascade.

L’élément le plus important de l’étage est la cheminée: elle conserve les roches naturelles de la cascade qui ressortent du sol. Cela renforce l’impression de se trouver dans une caverne naturelle.

Les étages

Les chambres se trouvent dans les étages; chacune a sa propre salle de bains et sa propre terrasse.

Au premier étage se trouvent les chambres de M. et Mme Kaufmann. La chambre du maître de maison comprend une cheminée et un dressing. On a l’impression ici que les vitres passent au travers du mur de la cheminée. La terrasse attenante à cette chambre est la plus grande de la maison. Le bureau de Kaufmann se situe au même étage.

La maison d’amis

Un escalier en béton relie la maison d’amis à la maison principale. C’est une prouesse technique car il est semi-circulaire. Des colonnes le supportent sur l’un des côtés. C’est la structure courbe de l’escalier qui le rend stable.

Le rez-de-chaussée comprend un garage, un salon, une blanchisserie et une chambre. Cette dernière donne sur une piscine naturelle dont les bords renvoient aux terrasses en porte-à-faux. L’étage comprend trois chambres et une terrasse.

La décoration et l’architecture respectent le style de la maison principale. Il y a donc une véritable continuité entre les deux bâtiments.

Le mobilier

Le mobilier de la maison à la cascade a entièrement été conçu par Wright: portes, cadres de lit, chaises, lampes… Chaque élément est en adéquation avec l’architecture. Les meubles sont généralement en bois de noyer pour répondre au caractère naturel de la maison. Pour les protéger les vitres ont été remplacées par des filtres ultraviolets lors d’une restauration. Enfin, le mobilier du salon est inamovible. Les poufs sont en mousse de latex et en bois.

La décoration est assez sobre afin de laisser toute la place à la structure si particulière de l’édifice.

La maison à la cascade: un succès architectural

La réalisation de la maison a connu un franc succès: elle a fait la couverture du Times en 1938. En 1961 l’American Institute of Architects l’a élue « ouvrage architectural américain le plus important de l’Histoire ».

Alfred Hitchcock s’est lui aussi intéressé à Fallingwater: il s’en est inspiré pour créer la maison de La mort aux trousses en 1959. Cette dernière a été construite pour les besoins du film.

Fallingwater est donc une oeuvre originale qui montre toute l’ingéniosité de Wright. Des liens permanents entre intérieur et extérieur sont établis et nous donnent l’impression de nous trouver dans un refuge naturel. L’architecte considérera cette maison comme son chef d’oeuvre, il en résume d’ailleurs l’essence dans cette citation:

« [Fallingwater] est l’expression vibrante du principe de sérénité où forêt, rivière, rochers et tous les éléments forment une association si tranquille qu’en fait vous ne percevez aucun bruit quel qu’il soit, bien que la musique du torrent existe. Vous écoutez Fallingwater de la façon dont vous écoutez le calme de la campagne. »

C.P