Les écoles d’art bouddhique: Amaravati, Gandhara et Mathura

Le prince Siddharta Gautama serait né à Lumbini au Népal  entre les VIèmeet  Vème siècles avant Jésus-Christ.  Il appartient au puissant clan des Sakya.  Dès sa naissance il présentait les trente deux signes du grand homme, caractéristiques des Buddhas (« l’éveillé ») et bodhisattvas (ceux qui peuvent potentiellement devenir des « éveillés »). Il présente donc entre autres une protubérance crânienne (ushnisha), des doigts palmés, l’urna (touffe de poils blancs entre les yeux). Ses lobes d’oreilles allongés nous renvoient à sa vie princière durant laquelle il portait de lourds bijoux. 

Siddharta va atteindre l’éveil vers l’âge de trente cinq ans à Bodh Gaya: il va ainsi devenir le Buddha historique. Dans les premières années l’art bouddhique est essentiellement anicônique, c’est-à-dire que le Buddha n’est pas représenté dans les œuvres.

Trois écoles vont ainsi dominer la production artistique en Inde entre les Ier  et IIIèmel’école d’Amaravati sous les Sâtavâhana, au sud, et les écoles du Gandhara et de Mathura sous la dynastie des Kushâna, au nord . 

L’école d’Amaravati 

L’art de cette école se caractérise par l’emploi d’un calcaire marmoréen beige. L’art anicônique va y demeurer plus longtemps  que dans les écoles kushanes (jusqu’au IIèmesiècle) . On observe ici un canon long pour la représentation du Buddha et on note que sa chevelure est composée de boucles enroulées dans le sens solaire .

On pourra prendre l’exemple d’un relief conservé au musée Guimet qui représente l’un des épisodes précédant l’éveil du Buddha (cf. image ci-dessous). Le dieu de l’amour et de la mort, Mâra, voyant que le prince Siddharta était sur le point d’atteindre l’éveil, a envoyé son armée et ses filles afin de le déconcentrer.

Cette oeuvre est un parfait exemple de l’anicônisme indien. En effet, la composition mouvementée de la scène met en exergue le siège au centre qui est censé révéler la présence du Buddha.

L’école du Gandhara

Cette école a un style panhellénique, soit influencé par l’art grec après les conquêtes d’Alexandre le Grand. On note ici un désir plus grand de réalisme au niveau du modelé des figures et dans le traitement du vêtement monastique du Buddha, qui lui couvre ici les deux épaules. Le Buddha tend à avoir les cheveux ondulés.

Ces artistes emploient un schiste gris-bleu.

Buddha debout, école du Gandhara, musée Guimet

Buddha debout, école du Gandhara, musée Guimet

On peut trouver dans cette école une iconographie particulière où le Buddha est figuré en ascète.

Buddha ascète, Gandhara, musée de Lahore

Buddha ascète, Gandhara, musée de Lahore

L’école de Mathura

Les œuvres de cette école, en grès rose à inclusions, se caractérisent par des corps monumentaux. Le Buddha a un visage ovale, une chevelure lisse, son corps est révélé par un drapé en anse aux plis tubulaires. Il est généralement nimbé (nimbe festonné).

Buddha debout, musée de Mathura

Buddha debout, musée de Mathura

Cette école va connaître des changements stylistiques à la période Gupta (IV-VIèmes siècles): le vêtement monastique sera traité par des plis fins et paraboliques. De plus, le visage sera assez graphique: lèvres ourlées et incisées, cupule nasale.

Buddha, Mathura, v. 430 AD, musée Guimet

Buddha, Mathura, v. 430 AD, musée Guimet

A bientôt pour l’iconographie hindoue !

C.P

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