Le code d’Hammurabi

Le code d’Hammurabi est un texte juridique que l’on a retrouvé gravé sur une stèle en pain de sucre de 2,25 mètres de haut. Cette oeuvre, conservée au Louvre, a été commandée par le roi babylonien Hammurabi (1792-1750).

La stèle aurait été réalisée à Sippar, pour être placée dans le temple de Shamash, puis emportée comme butin à Suse par Shutruk-Nahhunte. Elle comprend un texte de loi en cunéiforme qui prévoit des peines pour pratiquement tous les cas, selon le principe de la loi du talion:

 » Si un médecin a pratiqué une grave incision sur un homme libre au moyen de la lancette de bronze et s’il a fait mourir cet homme libre […], on lui coupera le poignet. »
« Si une femme […] dilapide sa maison, discrédite son mari […], on la jettera à l’eau. »
« Si un maçon a construit une maison pour quelqu’un mais n’a pas exécuté son travail suivant les normes et si un mur a penché, ce maçon, à ses propres frais, renforcera ce mur. »
« Pour que le fort n’opprime pas le faible, pour faire justice à l’orphelin et à la veuve, à Babylone, la ville dont Anu et Enlil ont élevé le faîte, dans l’Esagil, le temple dont les fondements sont aussi stables que les cieux et la terre, pour porter les jugements concernant le pays, pour prendre les décisions concernant le pays, pour faire justice à l’opprimé, j’ai écrit mes paroles précieuses sur ma stèle et je l’ai dressée devant ma statue de « Roi de justice  »  » (épilogue)

Le relief représente, de manière conventionnelle, le roi Hammurabi face au dieu du soleil Shamash.

Le roi porte une robe qui découvre son bras droit, il est coiffé du bonnet royal à rebord (conventionnel depuis Gudéa). Il lève la main droite en signe d’hommage.

On reconnaît que c’est un dieu qui lui fait face à ce qu’il est coiffé d’une tiare à cornes et tient un bâton et un anneau, insignes du pouvoir divin.

Les flammes solaires qui sortent de ses épaules nous indiquent qu’il s’agit du dieu du soleil Shamash. De plus, il repose sur des rangées d’écailles qui symbolisent la montagne qu’il doit gravir le matin. 

Cette image vient donc appuyer l’autorité du roi en le mettant sous la protection de l’un des plus importants dieux mésopotamiens: Shamash, dieu du soleil et de la justice.

C.P

7 réflexions sur “Le code d’Hammurabi

    • Charlotte dit :

      Loin de moi le désir de prendre mes lecteurs pour des idiots! Certes ce n’est pas très ressemblant mais c’est une représentation symbolique stylisée qui prend tout son sens au sein de la culture amorrite. Même si pour nous aujourd’hui cela peut paraître étrange.

      • Sirio dit :

        Je ne pense pas que c’est toi qui prends les gens pour des idiots, mais les archéologues officiels.
        J’ai vu plusieurs représentations de montagnes, mais jamais aussi ressemblants à des blocs mis en quinconce et formant un mur. Je préférerais donc chercher une autre interprétation. Et ce, en cherchant des info dans le contenu du texte et voilà que l’on trouve: « le temple dont les fondements sont aussi stables que les cieux et la terre ». Nous pouvons donc interpréter ce mur comme l’illustration de ce passage. Ce mur fait de trois rangées de blocs son les fondements du temple, il est tellement solide que le dieu Shamash lui-même peut y poser les pieds sans le rompre!
        Qu’en pense tu?

      • Charlotte dit :

        Il est vrai que les artisans ont pu réaliser des montagnes plus convaincantes, notamment sur certains sceaux cylindres. L’interprétation courante de cette oeuvre consiste à penser qu’il s’agit d’une scène d’investiture, de remise des insignes du pouvoir. De plus on trouve fréquemment la représentation du dieu Shamash et d’une montagne où il finit sa tâche quotidienne. Mais il est bien sûr possible de trouver des variantes de ce schéma iconographique. De plus, comme on dit « il y a autant d’oeuvres que de lecteurs ».
        Mais il me semble que la scène représentée n’a pas de lien direct avec le texte, elle ne serait là que pour montrer que Hammurabi tient son pouvoir des Dieux et par conséquent vient appuyer le bien fondé de son code. Mais les jeux restent ouverts!…

      • Sirio dit :

        Oui, malheureusement on a jamais la certitude sur ce genre de représentations. On peut y voir un mur, une muraille, un temple, des montagnes… Même si on décrypté leur alphabet, on ne pourra jamais plonger dans leur culture à 100% 😦
        Mais disons que ce « mur » n’est pas si important que ça. Ce qui me turlupine dans de bas relief est ce bâton et cet anneau. C’est évident qu’il s’agit d’un attribut e pouvoir, mais pourquoi le bâton et l’anneau? Que représentent-t-ils en fait? Là aussi il y a des débats: des outils d’architecture pour la constructions? Shamash n’est pas un dieu de la construction ou des artisans, pour moi c’est exclu. Le bâton de berger et du guide donc du dirigeant et du juge? Là je suis d’accord. Mais l’anneau me laisse perplexe. Certain parlent de la boucle que l’on met au boeuf, donc un symbole de domestication du peule? Bof, il est le dieu de la justice et de l’équité, ça n’a pas de sens. A moins que le cercle ne représente la forme parfaite, sans défaut, ce qui signifie qu’il recommande au roi, de diriger un règne parfait. Là ça commence à me plaire, mais alors, pourquoi dans certaines représentations, Ishtar (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ishtar#mediaviewer/Fichier:Ishtar_goddess.jpg) tient en main les mêmes objets? Là aussi, il y a des doutes, car dans ce bas relief il semble plutôt qu’il s’agit de sa sœur Ereshkigal .

      • Charlotte dit :

        Différentes interprétations sont possibles ici encore et il me semble que la signification de ces objets n’est pas encore fixée. En revanche on s’accorde à dire qu’il s’agit bien d’insignes du pouvoir. On a aussi tendance à associer l’anneau à l’équité dans cette culture. On peut sûrement également voir ce cercle comme un symbole de la totalité, d’éternité (qui n’a ni commencement ni fin; on retrouve cela aussi dans l’art chrétien). Ainsi, en transmettant ces insignes le dieu assurerait un règne pérenne au roi. 
        Dans la peinture de l’investiture, conservée au musée du Louvre, on retrouve les mêmes insignes, tenus par la déesse Ishtar. C’est donc ici aussi une scène où un dieu transmet le pouvoir royal: http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/peinture-murale
        Quant à la représentation d’Ishtar que vous évoquez, n’étant pas spécialiste je ne peux pas vous répondre. L’identification du personnage est en effet incertaine: Ishtar/Inanna ou sa soeur Ereshkigal. Cette représentation pourrait renvoyer au moment où Ishtar descend aux Enfers. Sur le site du British museum où est conservée l’oeuvre, ils considèrent ces objets comme étant simplement des symboles liés au divin et à la justice…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s