L’influence du Japon chez Frank Lloyd Wright

Chant pour le paradis

Ci-dessus: A song to Heaven in Japan. Texte de Wright sur le Japon qu’il voulait insérer dans son autobiographie.

« J’adorais la grande période Momoyama dans la peinture japonaise, et les gravures Ukiyoe, ultérieures. Je les collectionnais avec une dévotion extravagante, et une avidité honteuse. Puis je restais de longues heures devant les séries enivrantes d’Hokusai et Hiroshige. […] L’architecture et les jardins japonais confirmaient ma propre intuition et me ravissaient, ainsi que la civilisation japonaise, qui paraissait issue du sol, si fraîche et si complète, organique »

FLW, A testament, 1957

Frank Lloyd Wright (1867-1959) s’est rendu pour la première fois au Japon en 1905. C’est à cette époque qu’il commence à collectionner les estampes japonaises et à en faire le commerce. On sait qu’il a exposé  sa collection en 1908, à l’Art Institute de Chicago (photo ci-dessous) . Ces œuvres sont actuellement conservées au Boston Museum of fine arts. En 1912 il publie The japanese print and interpretation.  Wright voue donc une véritable passion au Japon, pays qui va l’influencer dans son travail d’architecte.  

« A Loan exhibition of Japanese colour prints », Art Institute of Chicago, 1908.

Wright a effectué une partie de sa carrière au Japon. En effet, il y est appelé en 1913 pour assurer la commande de l’Hôtel Impérial à Tokyo et il ouvre un bureau dans cette ville en 1915.

On peut penser qu’il a pour la première fois été confronté à l’architecture japonaise en 1893, lors de l’Exposition universelle de Chicago où des pavillons avaient été érigés. Il faut également se rappeler que le XIXème siècle se caractérise entre autres par une mouvance dite  de « japonisme », c’est-à-dire de redécouverte de l’art japonais après l’ouverture des frontières du pays au milieu du siècle (Ère Meiji).

Pour montrer l’influence du Japon dans l’oeuvre de Frank Lloyd Wright on pourra prendre l’exemple de la fameuse maison à la cascade (ou Fallingwater), située à Mill Run en Pennsylvanie. Elle a été réalisée en 1937 pour Edgar Kaufmann (1885-1955), un homme d’affaires juif américain.

Plus d’infos sur cette maison dans un autre article du blog (cliquez ici).

De l’architecture japonaise F.L. Wright va reprendre le principe  de l’interpénétration des espaces, qui ne sont parfois séparés que par des panneaux de bois (cf. image 4 ci-dessus). On retrouve aussi l’idée d’une harmonie entre l’homme et la nature. De la sorte, cette maison est entièrement conçue en fonction de la cascade qu’elle surplombe. De plus,  plutôt que de couper les arbres du terrain, il choisit de les intégrer à l’architecture: image 3.  Le bâtiment se développe horizontalement par rapport au sol ce qui nous renvoie à la forme des pavillons japonais.

Kyoto - Le Pavillon d'or (Kinkaku Ji), 1398

Kyoto – Le Pavillon d’or (Kinkaku Ji), 1398

Enfin, il reprend le principe japonais du Shibui, c’est-à-dire l’emploi de formes et de textures douces, de coloris et de contrastes atténués. Dans cette idée il a adouci, arrondi les angles des balcons de Fallingwater qui devaient initialement être à angle droit. On sait également, anecdote amusante, qu’il voulait dorer les balcons de la maison à la feuille d’or afin d’obtenir le même rendu que sur le Pavillon d’or de Kyoto (photo ci-dessus).

C.P

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